Le Petit Arpent
Erskine Caldwell a de l'influence. On le retrouve dans de nombreuses bibliothèques, celles des personnages de romans américains j'entends. Il est dans les rayonnages de la bibliothèque des parents de Jim Harrison (dans En Marge), où Le Petit arpent du Bon Dieu a bonne place, puisqu'il est cité plusieurs fois. On le retrouve aussi dans les rayonnages d'une jeune femme dont un jeune héros de base-ball de Fante (dans 1933 Fut une Mauvaise Année) tombe amoureux:"Sacré paquet de livres, j'ai dit.
Pas de réponse. Sa main a tourné la page de son livre. Je me suis levé pour examiner les étagères. Il y avait une majorité de livres neufs, ceux qu'on voyait dans les vitrines de la papeterie Martin: Hemingway, Caldwell, Bromfield, Waugh."
De fait, intrigué, j'ai ajouté le nom de Caldwell à ma liste d'auteurs à chercher chez les bouquinistes. J'ai trouvé sans mal Le Petit arpent du Bon Dieu. Je l'ai avalé tout d'un coup, entre deux tranches de rigolades. Ce livre est touchant, par sa drôlerie, par l'étrange désespoir et l'amertume qui se dégage de la quête des personnages pris par la fièvre de l'or. En voici un extrait, mettant en scène le père d'une famille parlant de sa bru:
"Je n'ai honte de rien, dit Ty Ty avec chaleur. M'est avis que Griselda est bien la plus jolie fille que j'aie jamais vue. Elle a une de ces paires de nichons, que personne n'en a jamais vu de pareils; Ah nom de nom! Ils sont si jolis que, des fois, ça me donne envie de me mettre à quatre pattes, comme les vieux chiens, vous savez, quand ils sont après une chienne en chaleur. C'est cette envie que ça vous donne, de vous mettre à quatre pattes et de lécher quelque chose. C'est comme je vous le dis, et c'est la pure vérité du Bon Dieu telle qu'Il vous la dirait Lui-Même s'Il pouvait parler comme nous autres."
Le Petit arpent du Bon Dieu, Erskine Caldwell, 1933.
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