Désobéissance civique
Visionnaire Calaferte, nous livrant dans Droit de Cité, un essai politique sa crainte des dérives violentes de l' Etat :"La lente agonie de la démocratie se signe par des éléments tels que l'introduction officialisée de la violence meurtrière dans les moeurs répressives de l'Etat chargés de maintenir l'ordre public, ainsi qu'il nous est à présent donné d'en constater les effets dans les affaires de droit criminel.
Dans l'aveuglement que commande son sentiment d'insécurité, le public ne discerne en ces circonstances que l'aspect apparemment protecteur, sans en soupçonner les conséquences secondaires, d'une gravité sociale autrement importante dans ses éventuelles implications que le fait isolé qui se trouve de la sorte réprimé car semblable comportement des autorités dissimule un enjeu de première grandeur qui, l'engrenage mis en marche, contient un péril de nature politique dont on ne saurait mesurer les dangers : celui entre autres, de la lutte pour la suprématie entre Etat et individu, car ces manifestations sont en substance des traits destinés à atteindre le principe de légitimité concédé au droit du citoyen et incarne le degré régressif de la primauté de la force."
La solution ? Thoreau nous l'a donnée, Calaferte la reprend : "Apprendre à désobéir. N'être pas conforme."
Droit de Cité, Louis Calaferte,1992.
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