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Publié le par Bifsteak

mariage.jpg(Mariage)

On a terminé cette foutue fête comme des animaux, à brailler, à braire, toujours en rut, prêts à bouffer n'importe quel foin. Nous étions quatre survivants, armés de notre plus belle humeur et d'un solide pack de bières à peine entamé, prévu pour arroser tout un bataillon. Et nous avions un devoir. Trop de nos compagnons étaient morts au combat, il fallait leur rendre un dernier hommage. A à peine cent mètres d'ici, un autre mariage tombait. Il fallait le sauver. Et sauver notre honneur de soldats. Mourir au combat, livrer l'ultime bataille. Hurlants, sauvages, nous pénétrâmes dans les décombres, cadavres endormis, viande à vif, boule à facettes, chanteur ringard, piano musette. L'ennemi. Retranché derrière ses partitions. Pas facile, la canaille, il en connaissait des tubes. Il tenait le coup, nous aussi, parce qu'à ses côtés se trouvait une fille dont je parlerai bientôt, mais pas longtemps. La lutte dura une demi-heure. Nous étions supérieurs en nombre et parfaitement entrainés. Boostés aux drogues de combat, nous entonâmes les chants de la victoire dans une grotesque gigue lorsque l'ennemi déguerpit et nous rendit maître du terrain saccagé et surtout de la dernière donzelle du quartier, très avinée, physiquement à peine correcte. Véronique. Les autres sont partis se coucher. Si tu veux on continue à côté, Véronique. Non? Va chier, Véronique. Nous repartîmes tous les quatre.

La rivière coulait à deux pas de nous. Nous franchîmes la barrière cadenassée à l'aide d'une chaise de jardin en plastique. Une blanche. La bière faisait de l'effet, par-dessus les bouteilles de whisky et de rhum qu'on s'été enfilées. L'eau était fraîche au petit matin, j'y trempais mes pieds brûlés par les agitations frénétiques de la nuit. Franky et Keupon rebroussaient chemin pour nous ramener de quoi faire un joint, je restais avec Boulingue. Les nénuphars nous regardaient. Je ne sais plus de quoi on a parlé, mais c'était chouette. Quand les deux autres sont revenus, j'ai pissé un coup dans l'eau. J'ai tiré deux lattes puis je me suis mis à cracher un peu de renvois d'alcool parce que j'étais bien imbibé. Les autres, ça allait. On a eu faim.

Dans les cuisines, on a chipé de quoi manger un peu et Keupon a eu la drôle d'idée de s'asseoir sur le rebord d'une table en bois, grosse et ronde. Et ce n'était que la première de ses drôles d'idées. Toujours est-il que la table a basculé sous son poids et s'est fracassée au sol avec lui dessus. Il s'est relevé, endolori, une marque rouge vif au bras, tenant dans sa main valide un bout de table qui s'était cassé, précieusement, comme si c'était la seule chose qu'il avait pu sauver du carnage. On riait. Ensuite il a eu l'idée de pisser dans l'évier en inox des cuisines, je ne sais plus pourquoi mais il devait y avoir une bonne raison. J'ai été chercher mon polaroïd pour immortaliser l'instant, ça a fait une belle photo. Enfin belle non. Mais on le voit bien dessus. On a regardé la photo se développer d'elle-même, en découvrant lentement les contours de sa silhouette victorieuse. Une autre idée a germé dans son esprit. Quelques minutes plus tard, Frank et Boulingue s'étaient dessapés, le cul trempant dans ce même évier gris et Keupon montrait sa raie jaunâtre à l'objectif. Flash.

J'ai mal dormi. En regardant les photos, j'ai bien cru que j'allais tout lâcher, mais j'ai seulement rigolé à en avoir mal au bide. Je sais que c'est très con. Mais on a bien rigolé.
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S
Cool de mettre des textes persos... j'adore le thème, mdr...En plus, la lecture est à la fois agréable et cinglante... ça donne pas envie de gerber :-DSysT
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B
Ah merci! ça fait plaisir un commentaire comme ça, au retour des vacances!