Rosa Mystica

Publié le par Bifsteak

rosa-mystica.jpgLouis Calaferte est un écrivain prolifique. Nous le savons en contemplant sa vie du haut de ses vingt romans, cinq essais, huit carnets, vingt-sept pièces de théâtre et quarante-six recueils de poésie. Ce que la lecture de ces livres nous enseigne à chaque fois, c'est que cet auteur est un véritable génie. Une fois de plus, il fait preuve, dans Rosa Mystica, d'une conscience aïgue de son état d'homme, conscience qu'il nous livre, dans sa sagesse, sans pudeur. On y retrouve son goût des femmes, son caractère indépendant, dégagé de toute crainte du jugement et son amour des livres:

"Se tenir dans l'éloignement. Etre en soi réfugié. Pour être libre: n'aimer rien. Ne rien haïr. L'entrave de toute passion. Etre cette glace du pur cristal.

Toujours le même contentement à manier mes livres (je me suis employé au rangement, et un peu aussi à l'inventaire de ma bibliothèque).

Moi, dont la nature est éloignée autant qu'il se peut de l'avarice, de la cupidité, de l'intéressement, de la possession enfin: je deviens avide lorsqu'il s'agit de livres. Je les accumule sur les rayons, je les case, je les entasse; incapable que je suis de me débarasser de l'un d'eux, fût-il de la dernière valeur."

Rosa Mystica, Louis Calaferte, 1968.
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wilbird 24/07/2006 14:43

Je recommande "Satori" à tout le monde. Un petit recueil de poésies libres.Et "Septentrion" bien sur !

Bifsteak 24/07/2006 17:57

Merci du conseil, je n'ai pas encore lu Satori, mais ça ne saurait tarder....

Morena 17/07/2006 21:09

Comment dire...Moi qui ai justement piqué une crise hier soir à ma mère qui déménage et qui a bazardé chez Emmaus tout un tas de bouquins que je n'avais pas encore ramenés chez moi, dont des Lagarde et Michard, dont des trésors de mon enfance, dont des bouquins qui ont traversé des générations...J'ai un rapport étrange et addictif aux livres. J'aime aussi les manier, j'aime les regarder parsemer les murs de mon appartement. Je rejoins le syndrôme de la possession de Calaferte. J'aime avoir chez moi les bouquins qui m'ont plus, j'aime acheter sur un coup de tête et posséder, palper, glisser mes doigts sur la tranche de ces instants de vie. Je suis une addict. Une vraie. Une malade des librairies et des bibliothèques. Un étalage de bouquins dans un vide-grenier, et je perds les eaux. Merci pour ce joli article, que je découvre à un moment où je nage justement en plein désarroi. Celui d'une perte, d'une perte de ces bouquins qui ont jalonné mon enfance.

Systool 17/07/2006 15:05

Sans pour autant partager ce point de vue (no feelings, en quelque sorte), je comprends... enfin, j'espère!;-)SysT